Entretien avec Sibylle Grimbert, autrice du Dernier des Siens
Qui est Sybille Grimbert ?
Sybille Grimbert est née en 1967 dans une famille de couturiers possédant la maison « Arnys » à Paris. Elle n’apprécie pas sa scolarité au collège et au lycée, puis se lance dans des études de droit. Mais elle a envie d’écrire, elle décide d’essayer de se lancer dans une carrière d’écrivaine. Le premier livre qu’elle écrit n’est pas publié, mais elle décide de continuer à écrire. En 2000, Birth Days est son premier roman publié. En 2013, elle crée une maison d’édition avec Florent Georgesco nommée « Plein Jour », une maison d’édition spécialisée dans « la littérature du réel ». Son dernier roman publié est Le Dernier Des Siens en 2022, grâce à lui elle va gagner plusieurs prix littéraires comme le Goncourt des animaux en 2022, le prix François Sommer en 2023, le Prix Joseph-Kessel en 2023, et le prix de l’Académie française Maurice-Genevoix en 2023. Elle a publié douze romans. Le treizième sera publié à l’automne prochain.
Au départ, elle souhaite devenir journaliste ou écrivaine car cela était à la mode à son époque. Mais elle n’était pas une bonne élève, elle a abandonné son rêve pour faire des études de droits. Cependant sa passion pour la lecture lui donnait envie d’écrire. Elle a donc décidé d’écrire un manuscrit pour potentiellement oublier mais elle a aimé l’écrire et a donc décidé de continuer à écrire.
Le Dernier des Siens :
Le Dernier des Siens est un roman réaliste écrit par Sibylle Grimbert et publié en 2022.Ce roman aborde différents thèmes tels que l’extinction des espèces et la relation entre les hommes et les animaux. L’histoire suit Gus, un naturaliste, dévoué à la faune et la flore qui, lors d’une expédition en compagnie de pêcheurs, assiste à une scène de massacre et recueille un pingouin qu’il nommera Prosp. Au fil du temps, Gus se rend compte que Prosp est le dernier de son espèce et qu’il faut le protéger. C’est un roman réaliste, inscrit dans l’Histoire, car les évènements rapportés, qui se passent au XIXe siècle, s’inspirent de la réalité en exposant les thèses des naturalistes qui ont précédé Darwin. Au cours de l’histoire plusieurs noms de grands scientifiques sont évoqués par le personnage principal Gus comme Cuvier et Fleming. De plus, les derniers grands pingouins de l’espèce s’éteignent en juin 1844 dans le roman comme dans la réalité. La romancière s’est documentée et retrace les évolutions de la pensée sur l’extinction des espèces. C’est donc aussi un roman écologique car il aborde la protection de la faune et particulièrement du grand pingouin, et sensibilise le lecteur à la fragilité du vivant, en le plongeant dans une époque où l’on en n’a encore que peu conscience. L’histoire est émouvante parce qu’au fur et à mesure on éprouve de l’affection pour Prosp.
Pourquoi a-t-elle choisi l’espèce du Grand Pingouin ?
Sybille GRIMBERT a choisi l’espèce du Grand Pingouin, une espèce qui a disparu totalement en 1844. Le Grand Pingouin est donc une espèce disparue, qui vivait en colonies, que l’on pouvait apercevoir en Norvège, en France, en Floride, au Canada ou en Islande. Ils étaient assez grands par la taille (en moyenne, 80cm), ils avaient des ailes très petites, d’une quinzaine de centimètres, un grand bec crochu. Ils peinent à se déplacer sur terre, à cause de leurs courtes pattes, ils étaient maladroits et ne savaient pas voler, ce qui faisait d’eux des proies faciles pour les hommes. Ils ont commencé à être chassés au XVIe siècle par les hommes pour leur peau, leurs plumes et comme source de nourriture. Ils ont donc disparu à cause de l’homme, et non du réchauffement climatique ou des maladies. Cependant, leur disparition a aussi été favorisée à cause de la durée de leur cycle de reproduction et du fait qu’ils produisent seulement un œuf par an. Sybille Grimbert a procédé par élimination avec différentes espèces, elle voulait une espèce qui pouvait vivre avec un être humain et dont la cause de l’extinction est l’homme, ce qui correspondait bien à l’espèce du Grand Pingouin.
Comment a-t-elle écrit Le Dernier des Siens ?
Sybille Grimbert a écrit son livre Le Dernier des Siens au fur et à mesure de son inspiration. L’écriture de celui-ci a pris huit mois avant de pouvoir l’envoyer à son éditeur. Cependant elle a eu du mal à commencer le livre, elle a pris deux ans pour écrire la scène tragique de l’incipit. A chaque problème rencontré avec l’écriture de son livre (même juste sur un mot), S. Grimbert s’est documentée à l’aide de livres qu’elle a lus ou qu’elle a traduits en français ou qu’elle a édités (comme Le perroquet qui m’aimait de Joanna Burger). Elle a notamment fait une grande pause de deux mois avant d’écrire la deuxième partie du livre pour se renseigner sur ce que l’on savait au XIXe siècle de l’extinction des espèces.
Elle avait déjà, dès le départ, une idée en tête de ce qu’elle devait écrire et la forme qu’allait avoir son livre. La fin du livre a, cependant, un peu changé de son idée de départ puisqu’elle a écrit au fur et à mesure de son envie et qu’elle s’est attachée aux personnages de son livre. Elle s’est intéressée au Grand pingouin grâce à l’espèce du dodo et elle a tout appris sur l’animal. Elle s’est intéressée puisque pour elle « Tout ce qui est vivant est intéressant ». Le livre a parfois été difficile à écrire notamment lors de la scène du massacre et celle où un des marins a attaqué Prosp et Gus sur la plage.
Quel est l’avis de Sybille Grimbert sur son roman ?
Tout d’abord, Sibylle Grimbert trouve que le sujet qu’elle a choisi, la disparition du Grand Pingouin, est beau car on parle du dernier de son espèce comme le dodo par exemple. Pour Sybille Grimbert, c’est un sujet incroyable car au début, ils sont nombreux mais Il ne reste finalement qu’un seul d’entre eux. Elle avait envie de parler de ce sujet et car elle se mettait à la place du dernier de son espèce. En se mettant à la place de Prosp, elle ressentait un sentiment d’angoisse.
Enfin, certaines scènes l’ont touchée ou ont été difficiles à écrire. La scène du début du livre, celle du massacre a été dure à écrire pour elle car elle n’aime pas la violence. Cette scène l’a beaucoup touchée : c’est une scène qui a été difficile à écrire car elle touche à la cruauté animale, ce qui l’affecte énormément. Elle l’a placée au début afin de s’en débarrasser le plus vite possible Sa scène préférée est celle où Prosp essaye de se réintroduire avec les siens, mais que cela finit en échec.
Elle a aussi été émue par la scène du rejet de Prosp, quand Gus essaye de réintégrer Prosp avec ses semblables, mais qu’ils le rejettent. Elle se met dans la peau de Prosp afin de ressentir ses émotions. Sybille Grimbert affectionne particulièrement Prosp, elle se rend compte qu’elle se reconnaît à travers lui, durant son enfance quand elle était rejetée.
Le Dernier des Siens est le livre qu’elle a préféré écrire. Le titre du roman est un titre qui l’a profondément touchée, c’est son titre favori parmi ses livres.
Comment écrit-elle ?
Tout d’abord, elle prend environ deux ans pour trouver un thème qui lui correspond vraiment et pour rassembler ses idées. Cette étape est essentielle car elle lui permet de mieux comprendre ce qu’elle veut raconter de définir les messages qu’elle souhaite transmettre. Pendant cette période elle note ses inspirations et réfléchit aux grandes lignes de l’histoire.
Ensuite, elle élabore un plan général du livre. Elle construit les personnages imagine les différentes scènes et organise la structure du récit. Cette phase de préparation lui permet de donner de la cohérence à son histoire en s’assurant que les événements s’enchaînent de manière logique et que les personnages évoluent.
Enfin elle commence l’écriture du livre une étape qui lui prend environ huit mois. Durant cette période, elle n’écrit pas en continu : elle fait régulièrement des pauses pour approfondir certains éléments. Elle peut lire d’autres ouvrages, effectuer des recherches ou vérifier des informations afin de rendre son récit réel. Ces moments de pause sont importants car ils enrichissent son écriture et lui permettent d’améliorer la qualité de son travail.
Article co-écrit par la classe de 2G3
